SUP-CAMPING LAC KIPAWA
- Valérie Gauvin
- 13 juin
- 5 min de lecture
On commence la journée fébrile as phoque en se disant qu'on allait avoir du fun en mausus ce week-end (ce qui est le cas, je vous le jure).
Après le p'tit déj au resto, il part au dépanneur d'à côté et revient en essayant de me cacher des feux d'artifices derrière son dos. Je les vois t'sais, mais j'y dis pas. Je veux qu'il pense que sa surprise est top (Mais en dedans, je trust pas tant que ça l'idée).
C'est parti! On a roulé une bonne heure et demi dans des champs jaunes pétants du Témiscamingue! À en couper le souffle.
Enfin arrivée au débarcadère de Laniel, on se prépare et on débarque notre stock pour tout mettre sur nos planches et dieu sait qu'on a beaucoup de stock !

Au départ, on a un peu de vent dans la face. C'était quand même prévu et analysé. Mais un peu plus loin, environ 2-3 km du départ, on se met à l'avoir de dos-côté. Mais ce n'est plus juste du vent, c'est un gigantesque ciclone (Ok j'exagère). On a des vagues de 52 pieds avec de gros moutons qui nous rentre dedans dans le side de la planche. Avec le stock qu'on a là-dessus, je te jure que de garder le cap, c'est ardu.
Au moment où c'est un peu plus chill. T'sais on garde le cap en pagayant toujours du même côté, mais quand même, c'est plus chill. On rit, on se challenge, on a du fun. À ce moment, il y a une belle guêpe noire qui décide de se dénaufrager et de reprendre son souffle sur MON pied. Mon petit pied nu et sans phoquing défense est maintenant l'hôte d'un p'tit frelon en danger de mort.
Brian ne m'aide pas pentoute. Il dit de lui envoyer de l'eau ou même de la tasser avec ma main. "J'AI PEUR" que j'y crie. "Envoye là ailleurs, Moi, ça ferait longtemps que je m'en serais débarrassé", me répond-il. "J'AI TROP PEUR DE LUI FAIRE MAL ET QU'ELLE ME PIIIQUE" répond-je dans aucun éclat émotionnel (...)
Fack avec aucun courage, j'ai porté le sort de ce bébé guêpe (bon dans l'histoire c'est rendu un bébé, mais dans la vraie vie, je ne le feelais pas comme ça), pendant un bon 10-15 minutes avant qu'elle ne disparaisse aussi mystérieusement qu'elle était arrivée. PIED INTACTE!
Guêpe 0
Val 1
Brian -1
18 kilomètres et 4h30 plus tard, nous arrivons enfin à destination avec les épaules, les abdos et le mindset en feu !
À travers l'installation du campement, les danses de libellules (awwww), les bleuets au pipi... QUOI? Ouin.
"Chéri, chéri, c'est malade le Témis, il y a déjà des bleuets bleus !! MIAAAM"
"Hey Val, c'est là que je viens de...."
(Bruit de dégout)
Bon, vu que je vous ai parlé des feux d'artifices cachés au début de l'histoire, je dois vous expliquer le dénouement de cette journée.
Dans un trip comme ça, l'espace est important hein. J'ai donc cheapé sur les souliers. J'ai apporté des souliers cheap du Ardène au lieu de mes bons souliers de rando. Ça a failli me coûter la vie. 2 fois.
1 fois quand j'ai couru l'autre bord de l'île pour capter le coucher de soleil en photo et qu'en descendant un petit rocher couvert d'épines de pin (à la course, rappelons le), j'ai dégringolé dans un sol inégal et innapproprié pour les dégringolades de chaussures qu'on aurait pu éviter.
La deuxième fois (vous me voyez venir), quand les dits feux d'artifices (Wow Suprise géniale mon chum!) ont tombé au moment de l'allumage. Dans quel direction déjà?? Ah oui direct dans la direction de la fille dans les souliers cheap.
Au jour 2, on se sentait comme des adolescents sans responsabilités. Levé tard, café siroté jusqu'à midi, sieste. T'sais ! Jusqu'au moment où les petites inquiétudes nous ont rattrapés. D'un coup qu'il y aurait autant de vent quand on va repartir, serait-on mieux de commencer à se rapprocher et monter notre campement un peu plus près du retour?
Donc let's go. On repart en sens inverse.
Une phoquing chance. Ça nous a pris 1h30 pour faire 4 petits km de rien du tout. De peine et de misère. Impossible de se rendre plus loin. Mon corps était en maudit. Mon mindset avait sacré le camp (j'étais marabout). On cherchait à s'abriter du vent en longeant les îles, mais c'était infructueux.
Comme il y a toujours du beau dans les aventures en nature, on a trouvé une petite île déserte au milieu de nul part. Elle était là juste pour nous.
On accoste et débarque le campement pour se rendre compte que le vent venait de tomber. Ben coup donc, c'est ici qu'on campe. On repartira tôt demain matin pour s'assurer d'avoir du temps clément.
Quand le campement est monté, on se met à pêcher tranquille assis sur les roches et à juste enjoy the moment. Il fait beau et chaud, on est bien. Brian lance les deux lignes et je fais semblant de pêcher. Je ramène ma tite bouboule de temps en temps et il la relance.
Mais c'est trop tranquille jusqu'ici. Sans crier gare, il s'élance avec sa canne, s'agrippe au manche de toutes ses forces (c'est l'impression que j'ai ou il essai de m'impressionner), se torsionne vers l'arrière, il lance, l'hameçon s'agrippe à son pantalon de molleton, la bouboule de la mort prend l'élan du siècle et viens me péter direct entre les deux cuisses PATATAW OUCH ST-SULPICE!!!! Directement là où le bonheur se crée, là où les enfants nous déchirent le coeur pis où tu ne t'attendrais jamais à recevoir un coup de boule à pêche.
Mon autre est crampé raide, comprend rien de ce qui vient de se passer et moi je hurle à mort. Tranquillement, je m'en remet et éclate de rire en lui reprochant son maudit lancé de m*rde.
Nous finissons cette journée avec un feu, des étoiles filantes et la paix dans le coeur.

5h00 du matin. le trop brutal cadran des vacances nous sort du lit et hop en 52 minutes top chrono le campement était défait et on partait sur le lac. Il était incroyablement calme et apaisant. L'eau était lisse et se faisait brisé en tout petit frisson lorsque nous passions avec nos planches. Je ne regrettais pas le brutal cadran finalement. Ce moment restera gravé dans ma mémoire pour toujours. Cette quiétude, ce calme, cette paix.
4h00 plus tard, que j'ai quand même trouvé long, avec les courbatures liés aux vagues de la veille, mais probablement aussi liée à l'attaque de feux d'artifices et de boule à pêche, mon corps me faisait comprendre qu'il voulait un peu de repos. Mes épaules, mes bras et mon mindset étaient en train de prendre un vol sans retour vers Galapagos quand on est finalement arrivés.
Brian endormi dans le camion, je nous ramène à la maison avec cette histoire à raconter et une sieste à l'arrivée.
Note: Cette aventure n'est pas conseillée aux débutants, le lac Kipawa est imprévisible et difficile. Vous pouvez trouver une checklist sortie SUP gratuite dans les bundles pour vous préparer à vos aventures.
Mawastey,
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